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Journal Sud Ouest
« On se doute bien que je n’ai pas rencontré une Russe au coin de la rue, à Villeneuve »
Ekaterinbourg se situe à quelques centaines kilomètres de Moscou. Il y a là « plus d’un million d’habitants, le tramway et le métro » détaille Didier Cunégo. « C’est à la limite de l’Oural, il y a les montagnes de l’autre côté. » Il n’a jamais été là-bas, ne connaissait pas même l’existence de cette ville il y a un an. « Irina m’a expliqué. » Didier Cunégo, 49 ans, employé à Villeneuve, s’est marié en mars avec Irina Kuznétova, 34 ans styliste et couturière à Ekaterinbourg. Ils ont emménagé en novembre dans une grande maison neuve, sur les hauteurs à l’entrée de Cancon.
Il n’y a eu aucune réflexion désobligeante de ses proches, dit-il. « Ils se doutent bien que je n’ai pas rencontré une Russe au coin de la rue, à Villeneuve. » Au mois d’août, sur un « coup de tête » et après avoir lu une annonce, il prend contact avec Eurochallenges, une agence à Bordeaux. Il ne le dit à personne. « J’étais un peu perplexe. J’ai eu un rendez-vous, j’ai vu que ça semblait sérieux. Ils m’ont montré un catalogue et des lettres de gens qui étaient passés par là. » Il n’en « choisit » qu’une, Irina. Une fois par semaine, au téléphone, des interprètes traduisent leurs conversations. « J’ai eu l’impression que ça n’avançait pas. Je lui ai demandé de venir à Cancon. »
Depuis onze ans, il vivait seul dans un appartement avec son fils David, maintenant âgé de 25 ans. « Je ne me voyais pas me remarier avec une femme française. » Il ne sait pas dire pourquoi, mais était « attiré par quelqu’un d’une autre culture, qui a vécu d’autres choses ». Plus précisément, une femme des pays de l’Est qui évoque « la neige, le froid, la montagne » à ce fils d’immigré italien, qui n’est « pas du tout soleil ». Plus tôt, il y a eu un divorce. Onze ans de séparation sans procédure. Pour que les enfants ne souffrent pas, Didier a même quitté Eymet en Dordogne pour s’installer à un kilomètre de son ex-femme à Cancon, où elle a un nouveau compagnon et des enfants. Ils n’ont divorcé officiellement que récemment. L’ancienne madame Cunégo s’entend bien avec la nouvelle. Elle et tous les proches ont « adopté » Irina.
Elle, apprend le Français « parfaitement vite ». Irina (Iraida, en Russe) attend de mieux parler pour monter un petit magasin de couture et passer son permis de conduire. Au cours de français, à Villeneuve, elle s’est fait de nombreux amies russes. « Il y en a pas mal en France, depuis la chute du mur de Berlin » s’étonne Didier. A la retraite, il se verrait partager sa vie entre Ekaterinbourg et Cancon.
C’est un mariage d’Amour, mais aussi une question pratique. Irina n’avait qu’un visa de trois mois maximum, explique Didier. Après le mariage, elle a reçu une carte de séjour d’un an. Qui sera renouvelée en avril pour dix ans. Il ajoute : « Les gens se trompent quand ils croient qu’elle était malheureuse et qu’elle est venue en France à cause de la pauvreté. Elle vivait bien. » Elle, dans un français balbutiant, dit qu’elle voulait « vraiment vivre en France. Je cherchais un mari, quelqu’un qui m’aime. C’est tout ».
Catégorie : Actualités
Sujets – Sud Ouest : Société, PORTRAIT, Zone Sud-Ouest, TEMOIGNAGE, MARIAGE, RENCONTRE, AMOUR, RUSSIE
Lieu(x) géographique(s) – Sud Ouest : Lot-et-Garonne
Taille : Moyen, 408 mots
Source : © 2005 Sud Ouest. Tous droits réservés.
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