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Marie-Claire - Amours franco-russes

De plus en plus de Français s’avouent déçus par les Françaises… Les agences matrimoniales, conscientes du phénomène, leur proposent désormais de belles étrangères. PAR LAURENCE JAILLARD

Marie-Claire - Amours franco-russes

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Voilà dix ans, à Lyon, Anne-Marie Muser créait Eurochallenges, agence matrimoniale classique, c’est-à-dire franco-française. Très vite, elle déchanta car elle constata un rejet total des hommes à l’égard de ses candidates. En effet, ils jugeaient leurs compatriotes trop égoïstes, indépendantes, ne pensant qu’à leur carrière, négligeant foyer, enfants et mari. Excusez du peu. A cette litanie de reproches s’ajoutaient des expériences traumatisantes en matière de séparation ou de divorce.

« Ces hommes ne comprennent plus les Françaises, ils sont perdus, n’ont plus confiance. Ils sont désarçonnés par leur désir de liberté, leur affirmation d’elles-mêmes. On sent chez eux un retour aux valeurs familiales, presque une nostalgie de la vie en couple qu’ont connue leurs parents », explique Anne-Marie Muser. Elle s’est rapidement spécialisée dans les unions internationales à « sens unique » : hommes français et femmes étrangères, slaves principalement, originaires de Russie, Ukraine, Biélorussie, Lettonie ou Bulgarie.

Où sont les hommes russes ?

« Xavier rêvait d’une vie de famille, d’une atmosphère calme. » C’est ce qui a touché Irina, institutrice à Minsk (Biélorussie) : « Dans ses lettres, il a ouvert son coeur. » En 2003, Irina, aujourd’hui âgée de 33 ans, épousait Xavier, 40 ans grâce aux services d’Eurochallenges. Secoué par un divorce un peu chaotique, ce technicien en chimie, qui a toujours la garde de son fils de 12 ans, avait exposé à l’agence un projet de vie fort précis :
il désirait une femme qui ne travaille pas et fonder très vite une nouvelle famille. « Ma première épouse était aide-soignante ; quand les deux parents sont absents, c’est dur pour les enfants », dit-il. L’agence l’a mis en relation avec quatre « candidates » habitant Hong Kong, l’Indonésie ou l’île Maurice. Mais Irina fut l’élue. Aujourd’hui, ce nouveau couple attend un enfant, mais Irina n’exclut pas la possibilité de travailler un jour. Xavier n’est pas d’accord, il voudrait d’autres enfants. S’ensuit une petite discussion.

Xavier a le mot de la fin. Tendrement, il précise : « On partage les mêmes valeurs essentielles, amour, fidélité, respect. » Pour Irina, ce ne fut pas évident de quitter pays et famille mais, veuve à 22 ans, mère d’un jeune bébé, elle a vite compris qu’elle aurait un mal fou à trouver un nouvel époux. « Il y a si peu d’hommes disponibles en Russie, surtout pour une jeune mère seule. A 40 ans, beaucoup sont anéantis par l’alcool, c’est un vrai fléau. Moi, je cherchais quelqu’un pour la vie, pour donner mon cœur. »

Anne-Marie Muser confirme la « rareté » sur le marché des hommes russes après 45 ans. Il ne reste plus aux femmes russes, désireuses de convoler, qu’à s’expatrier. C’est un coup de chance pour nos Français éprouvés, ou au minimum désemparés, car ces femmes slaves, et russes plus particulièrement, ont bien des séductions.

Besoin d’un noyau familial

Aujourd’hui gérante, Viktoria, russe d’origine, mariée à un Français, explique : « La femme russe est très forte, elle travaille, elle assume le quotidien depuis toujours. Mais elle a besoin de son noyau familial, c’est là qu’elle prend son énergie. Le plus important est sa vie sentimentale, son couple ; la profession passe après. C’est comme ça, le fruit d’une éducation reçue depuis toute petite. Dans la société russe, l’homme est toujours l’homme, la femme toujours la femme. » Nos Français en panne d’identité adorent, car ils ont tellement besoin de « se sentir l’homme ». Coup de grâce enfin, assené par Viktoria :

Les hommes sont désarçonnés par le désir de liberté des Françaises…

« Nous n’avons pas besoin de prouver que nous sommes les égales des hommes ; le système nous a imposé cette égalité voilà près d’un siècle. » Michel, 59 ans, syndic immobilier et époux depuis trois ans de Marina, 45 ans, confirme avec enthousiasme : « Les femmes russes ont une vie difficile ; elles font bouillir la marmite. Pourtant, elles gardent le sourire, se pomponnent, se montrent élégantes, désirables. Pour un homme, c’est plaisant.

Elles ne sont pas en rivalité avec nous, en voulant réussir à tout prix. » Marié et divorcé deux fois, ce jeune grand-père, qui assume son « caractère épouvantable », a longtemps baroudé à travers le monde. A 52 ans, quand il s’est enfin posé, son chemin l’a mené jusqu’à l’agence où il a fini par rencontrer sa Marina, vendeuse de chaussures pourtant dotée d’un diplôme d’ingénieur des Ponts et Chaussées. « Elle est d’une délicatesse très touchante avec moi ; ça me rappelle ma grand-mère avec mon grand-père… »

Même les jeunes !

Les hommes qui font appel aux services d’Anne-Marie Muser et à Eurochallenges ont de 18 à 80 ans, le gros des troupes a plutôt entre 35 et 50 ans. Mais gare, ce refus de la femme française touche de plus en plus de jeunes, comme le constatent les équipes de l’agence : « Ils n’ont plus confiance dans les filles de leur âge ; elles changent de mec chaque semaine, cela les blesse profondément. Elles sont dans l’éphémère, ne veulent surtout pas s’investir sur la durée, fonder une famille. » A l’inverse, il y a un nouveau « marché » qui se dessine pour Eurochallenges : celui des Françaises qui paniquent, la quarantaine en vue. Elles ont peur de se retrouver seules mais ne veulent pas de leurs compatriotes (trop abîmés, paumés, pas assez « hommes »...). La vie est décidément bien compliquée !

Eurochallenges : 28, rue de la République, à Lyon (2). Tél. : 04 72 56 93 73. www.eurochallenges.com. Huit agences en France, soixante agences partenaires dans vingt pays.

Vous avez dit :

  • Je suis actuellement en Ukraine

    Par David David le 28/07/2006 02:54

    Bonjour et merci pour votre article, Je ne peux qu etre d accord avec tout ca... J ai aime moi aussi des francaises et j ai ete tres decu. Maintenant je suis marie avec une jeune femme ukrainienne "Taiysiya" et il n y a pas de nuage a l horizon... ;-) PS : Je suis actuellement en Ukraine chez ses parents et j ecris avec un clavier ukrainien, alors desole pour les accents... David

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