Mariage avec femme russe : Rêves de femmes russes

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Decryptage » Femmes russes et d'Europe de l'Est

Rêves de femmes russes

Qu’est-ce qui pousse Antonina, Olga, Irina et Elena à s’inscrire dans une agence matrimoniale à l’étranger ? L’envie d’une vie meilleur, bien sûr, mais aussi un regard terriblement sévère sur l’homme russe.

Rêves de <strong>femmes russes</strong>

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Qu’est-ce qui pousse Antonina, Olga, Irina et Elena à s’inscrire dans une agence matrimoniale à l’étranger ? L’envie d’une vie meilleur, bien sûr, mais aussi un regard terriblement sévère sur l’homme russe.

Antonina ne demande pas la lune. Le prince charmant de ses rêves est « un homme ordinaire ». Mais il aura une qualité : il saura la respecter. A 48 ans, elle n’a jamais connu cela. « Une femme russe de mon âge a envie de se sentir femme, dit-elle, aujourd’hui j’ai envie d’avoir un homme français qui me respecte à mes côtés. Est-ce que je ne le mérite pas ? »

Les Russes sont de moins en moins nombreux à s’exiler. Mais, depuis quelques années, le nombre de femmes russes qui partent – sans prendre la direction d’un pays de l’ancien bloc soviétique – est nettement supérieur à celui des hommes.

Plus de respect pour les femmes russes

Si la quête d’Antonina ne passe pas par la Russie, c’est pour une raison simple : « Un Français, un Belge, un Allemand, un Italien, un Suisse, a beaucoup plus de respect pour les femmes russes qu’un homme Russe ». Evoquez d’éventuelles motivations économiques, elle prend la mouche. « Est-ce que j’ai l’air d’une « bomj » (sans-domicile-fixe) ? » Veste de cuire noire, ongles polis vernis d’un rose nacré, cette femme russe, divorcée deux fois, mère d’un fils de 28 ans, n’a visiblement pas de problème de fins de mois. D’ailleurs, elle part en vacances en Italie la semaine prochaine. Non, ce qu’elle cherche, ce n’est pas la sécurité financière, mais « un homme digne ».

Les meilleurs pères de famille sont français

Or elle a « vu des statistiques » : « Les meilleurs pères de famille sont français, suédois et norvégiens. » Comparés aux hommes Russes, les hommes Occidentaux « boivent moins, travaillent plus, sont plus responsables vis-à-vis de leur famille ». Les hommes Américains et Australiens sont loin. Les hommes Français, Allemands, Autrichiens ont l’avantage de la proximité.

La police n’a rien fait pour m’aider

Elena (de Biélorussie), une petite blonde de 26 ans qui enseigne la chimie, a été épatée par la façon dont un Suédois a fait la cour à soeur. « Ca a duré, duré, il s’est accroché… Les hommes russes d’ici n’auraient pas fait ça. » Aujourd’hui, sa soeur vit en Suède, et elle-même cherche le bonheur loin de ses compatriotes, « grossiers, pas cultivés ». « Il y en a beaucoup qui boivent, plein d’autres qui se piquent à l’héroïne, soupire-t-elle. Depuis l’âge de 18 ans, je suis déçue par les hommes russes. Mon dernier fiancé, avec lequel je suis restée pendant trois ans, se comportait de façon horrible. Un jour, il m’a battue et m’a pris mes papiers. La police n’a rien fait pour m’aider. En Europe, une femme battue obtient de l’aide.

La police russe n’enregistre généralement pas les plaintes des femmes russes ou biélorusses battues. Aucune statistique ne permet donc de mesurer l’ampleur des violences domestiques. Des études sociologiques montrent toutefois que 30% des femmes russes mariées font régulièrement l’objet de violences physiques. Chaque jour, 36 000 femmes russes sont battues par leur mari ou leur compagnon, selon des estimations.

Plus de respect pour leur femme

Olga (d'Ukraine) n’a pas été battue. Pourtant, elle aussi se dit déçue par les hommes d'Ukraine. Elle n’a que 41 ans, mais les traits tirés de son joli visage trahissent une fatigue de la vie. Son diplôme d’ingénieur en construction (relativement banal chez les femmes russes ou d'Ukraine) ne vaut rien sur le marché du travail. Comme beaucoup de femmes russes, elle exerce une profession dont les hommes ne veulent plus, celle d’enseignante, dévalorisée parce que mal rémunérée. Divorcée, mère d’un garçon de 13 ans, elle ne peut évidemment pas vivre avec son salaire – l’équivalant de 50 euros par mois. Alors, comme tout le monde, elle accumule les « petits boulots » - cours particuliers, création de céramiques, etc. « Je ne vois pas d’avenir ici, ni pour moi ni pour mon fils, dit-elle, et aucun des hommes russes que j’ai croisés dans ma vie n’était capable de m’en offrir un. » Bien sûr, « il existe en Ukraine et en Russie des hommes dignes ». Mais « ils appartiennent à la génération de ma mère ».

« J’imagine qu’en Europe les hommes Français sont moins occupés par eux-mêmes, moins narcissiques, qu’ils ont plus de respect pour leur femme, qu’ils la considèrent comme un être humain, qu’ils sont prêts à partager avec elle leurs droits et leurs devoirs. » Si les hommes russes sont, d’après elle, « infantiles », c’est « le résultat de l’éducation soviétique, d’une politique, l’Etat assumait toutes les responsabilités, guidait les gens toute leur vie ». Quand à l’égalité entre les sexes vantée par la propagande, « c’était surtout l’égalité en ce qui concerne les travaux durs, les femmes russes avaient le droit de couler le béton ».

Sur les épaules des femmes russes

A l’époque soviétique, « le chef de famille, c’était l’Etat », confirme Elena Erchova, la présidente du Consortium d’association de femmes, une organisation qui fédère plus de 150 organisations féminines. « Les familles reposaient sur les épaules des femmes russes; l’Etat disait comment les enfants devaient être élevés, et les hommes russes étaient libres de toute obligation familiale. » Au début des années 1990, quand l’édifice s’effondre, les usines ferment, le chômage se généralise, les salaries ne sont plus payés et, « en perdant leur travail, ou leur salaire, les hommes russes perdent leur statut et se mettent à boire ». … « Plus d’un mariage sur deux se termine par un divorce, poursuit Mme Erchova. La famille typique, aujourd’hui, c’est une mère avec un ou deux enfants. »

Entre 1990 et 2001, le nombre d’homme russes morts d’alcoolisme a été multiplié par trois. L’espérance de vie des femmes Russes est de 72 ans. Celle des hommes Russes, en chute constante, n’est plus que de 58 ans.