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Les femmes roumaines dans la vie économique
Le développement de l’économie en Roumanie n’a pas amélioré la vie des femmes roumaines. Le chômage et l’incertitude économique s’accroissent, alors que le régime socialiste avait cherché à construire une image nouvelle de la femme roumaine, à la fois mère et travailleuse.
Mots clés:
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Les espoirs de la transition ont été déçus pour l’ensemble de l’économie roumaine
Si nombre de femmes roumaines font des études, leur intégration professionnelle est problématique. Choisir entre vie professionnelle et vie de famille s’impose. Peu de femmes accèdent en Roumanie à des postes de responsabilité.
Les espoirs de la transition ont été déçus pour l’ensemble de l’économie roumaine, et pour la femme roumaine en particulier. Le régime socialiste avait attribué à la femme roumaine une place à part entière, à la fois en tant que mère et en tant que travailleuse. Depuis la révolution de 1989, l’économie roumaine s’est soustraite de la tutelle de l’état, favorisant l’augmentation du chômage pour les hommes comme pour les femmes roumaines. Les hommes ont été particulièrement touchés car nombre de grandes entreprises publiques roumaines se concentraient dans l’industrie.
Les femmes roumaines pour leur part n’ont pas été épargnées car si les médias renvoient l’image d’une femme roumaine dynamique, belle et riche, la réalité est toute autre. Le chômage est devenu un mal endémique pour les hommes comme pour les femmes roumaines.
Le régime socialiste avait cherché à imposer une image conquérante de la femme roumaine que la population a mal acceptée. Les stéréotypes et les préjugés sont tenaces. La « bonne » femme est celle qui garde le foyer et prend soin de ses enfants en Roumanie comme ailleurs.
Certes, nombre de jeunes filles roumaines ont accédé aux études supérieures, certaines ont fait carrière, d’autres encore – quoi qu’en nombre bien moins important – sont devenues députées ou sénatrices.
En dépit de progrès notables enregistrés depuis les années 1960, les Roumaines sont confrontées à de nombreux d’obstacles pour accéder aux postes de décision.
La participation des femmes roumaines dans la vie économique en Roumanie
L’évolution montre l’aggravation de la situation de la femme roumaine depuis 1990. Théoriquement, la participation de la femme roumaine sur le marché du travail est le moyen le plus sûr pour assurer la prospérité de la famille et l’indépendance de la femme. La réalité montre que les jeunes femmes roumaines restent sans emploi.
Le régime socialiste a assuré les conditions pour la participation de la femme au processus du travail, y compris dans les branches professionnelles réservées aux hommes. Les femmes roumaines ont gagné un statut social et économique similaire à celui des hommes, contribuant au processus d’industrialisation. Le système de services sociaux pour les familles ayant des enfants, l’assurance du lieu de travail, des facilités concernant les conditions de travail de la femme roumaine et de protection de l’enfant ont constitué le support pour sa participation sur le marché du travail. La garantie des deux salaires dans la famille a contribué à la formation d’une mentalité de l’égalité, les femmes roumaines étant promues à des positions professionnelles et économiques importantes. Les femmes roumaines bénéficiaient d’un traitement non-discriminatoire au travail dans la société.
La politique communiste était une politique de non-discrimination de la femme roumaine, surtout dans les sphères politiques et administratives, mais aussi dans la production économique. Idéologiquement, l’ancien régime pratiquait l’orientation politique des femmes roumaines et le système des « quotes-parts » pour la représentativité des femmes dans la « nomenclature » et dans le réseau des « positions managériales ».
Dans les discours politiques des leaders communistes, le thème de la promotion des femmes était toujours présent. A la différence des politiques libérales, les orientations et la pratique radicales marxistes ont essayé de comparer le rapport homme-femme avec le modèle économique ouvrier-prolétaire, en expliquant que l’image de la femme roumaine n’est plus celle d’une personne non productive dans le sens domestique du terme, et que l’image de l’homme n’est plus celle du protecteur et du producteur.
Cette politique anti-discriminante du régime totalitaire a eu, paradoxalement, des échos négatifs et des effets contradictoires :
- l’opinion publique roumaine a réagi de manière hostile à la promotion artificielle de la représentativité de la femme,
- la situation des femmes roumaines salariées est devenu plus difficile à cause de la précarité des services sociaux, des conditions de travail, des difficultés de l’éducation des enfants, etc.
- l’augmentation du poids des femmes roumaines dans la sphère du travail extra-familial n’a pas empêché le système communiste de stimuler une politique de croissance de la natalité.
En 1980, le nombre des femmes roumaines participant à la vie économique était deux ou trois fois plus grand qu’en 1960, dépassant avec 10-12% le taux moyen des pays développés. Les femmes roumaines «monopolisaient» même certaines branches : l’industrie légère, santé, éducation, commerce. La promotion des intérêts de la femme roumaine était faite par des directives politiques, à partir du sommet vers la base.
Au cours de la période 1970-1989, sur fond de crise économique, le standard de vie des femmes roumaines s’est détérioré à cause de la baisse des salaires.
A partir de 1990, la participation économique de la femme roumaine s’est encore dégradée, en dépit de leur implication importante sur le marché du travail.
La période de transition actuelle place la femme roumaine dans une situation difficile, surtout pour les plus jeunes femmes. Malgré certains effets positifs, la transition de nombreux effets négatifs :
- décroissement rapide des offres d’emploi,
- dégradation des conditions de travail pour les femmes,
- abaissement des salaires dans l’industrie textile, confection et commerce,
- dégradation des relations sociales surtout dans les petites et moyennes entreprises privées, développement de l’emploi informel sans protection sociale,
- érosion du support institutionnel pour les femmes engagées dans le travail, surtout pour les mères ayant de très jeunes enfants.
La place des jeunes femmes roumaines sur le marché du travail
La situation des jeunes femmes s’est considérablement dégradée. Les femmes de 15 à 24 ans ont des difficultés à trouver un emploi, même si la plupart d’entre elles ont un niveau d’instruction moyen ou supérieur. Les grandes entreprises publiques qui offraient des emplois sont impliquées dans des processus de restructuration et privatisation, devenant les sources les plus importantes de chômage parmi les femmes. Le secteur des petites et moyennes entreprises est peu développé, et crée peu d’emplois. Depuis 1994, le nombre de femmes roumaines au chômage âgées de plus de 25 ans a considérablement augmenté. Les employeurs refusent d’employer des jeunes femmes mariées pour ne pas prendre le risque de congés répétés.
Sur la période 1996–2002, la participation économique des jeunes femmes roumaines a baissé. La situation des plus défavorisée s’est dégradée davantage.
Dans les années 1990, les transformations économiques ont favorisé le retour de certaines femmes roumaines en milieu rural, l’augmentation du chômage et l’inflation leur ayant rendu la vie impossible en ville. Mais, à la campagne, les conditions de vie restent précaires. L’absence de technologies modernes est à l’origine des très faibles rendements agricoles.
Le chomage des femmes roumaines
Au début de la période de transition dans les pays d’Europe de l’Est, on considérait que le chômage serait un phénomène secondaire et qu’il pourrait être contrôlé par l’action du marché en n’affectant qu’à court terme le marché du travail. Mais la réalité a été bien différente. La transition a été à l’origine de plusieurs problèmes pour les femmes en Roumanie comme les autres pays ex-socialistes : faiblesse des infrastructures sociales, faiblesse des salaires, taux de chômage élevé, élargissement des inégalités sociales, etc.
Les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes pour entrer sur le marché du travail sont en partie le résultat de la stagnation économique, de la privatisation ou fermeture de certaines entreprises, de l’augmentation des licenciements, de l’absence de nouveaux emplois, et les femmes roumaines en milieu rural sont confrontées à une situation particulièrement difficile.
La famille
Si les femmes sont en partie exclues du marché du travail, elles constituent une part importante des chômeurs. Ces problèmes économiques sont à l’origine de nouveaux problèmes sociaux :
* on observe une augmentation du nombre des familles monoparentales dont le seul parent est la mère,
* les femmes n’ont pas accès dans les mêmes proportions que les hommes aux carrières managériales et politiques,
* le nombre de divorces augmente,
* pourtant, les femmes et les jeunes filles roumaines sont de plus en plus nombreuses à accéder aux études universitaires et à décrocher un diplôme.



















































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